Du mauvais usage des présentations

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C'est un article à la croisée des chemins que je vous propose ici. Depuis longtemps je m'interroge sur l'utilité des présentations : j'ai souvent considéré, et le considère encore, que les présentations type Powerpoint avaient énormément de défaut. J'ai lu un billet de Francis Pisani fort intéressant allant dans ce sens et je me propose à mon tour de lapider ce type de logiciels faisant figures de chouchou. Une fois cela fait, nous recentrerons le discours autour de ce qui nous intéresse ici : l'usage des outils.

Une présentation de type Powerpoint (faite sous Powerpoint, OpenOffice Impress, etc. souvent créée avec l'extension ppt) est un support à une présentation orale. Beaucoup l'utilise également pour l'échange de plaisanteries textes et photos par email. 

C'est très couramment utilisé malgré tous les défauts du genre. Sans doute simplement à cause de l'extrême facilité avec laquelle on peut créer ses premières présentations.

Quels en sont ses défauts ? Bien entendu, il s'agit là d'une appréciation, d'autant plus que pour se défaire de ces défauts il faudra au présentateur se doter de compétences diverses afin d'améliorer ses présentations (compétences informatiques, relationnelles, maîtrise de son sujet, etc.) :

  • La première et principale problématique amenée par l'usage du powerpoint est la linéarité de la présentation. On passe d'une slide (page) à l'autre dans un schéma préparé ne laissant ni l'opportunité ni l'encouragement à la discussion. La présentation type powerpoint amène souvent une verticalité du discours interdisant toute intervention extérieure. Or, il est bien rare que la réflexion humaine soit de prime abord linéaire. Pour se faire, elle a besoin de se construire, aller et venir, revenir sur un sujet, expérimenter des hypothèses, etc. ;
  • La seconde est très certainement la dérive quant au mélange des genres en terme de communication : trop souvent, la présentation sert de support unique paraphrasé mot à mot par le présentateur. On confond alors l'intérêt de la présentation projetée (appuyer un propos, fixer l'attention, interpeller de plusieurs façons la cognition de l'assemblée, etc.) et celui de l'oralité (la proximité et la réactivité de l'information, la possibilité de commenter, de discuter, etc.) ;
  • La troisième concerne le manque de compétences du présentateur en terme de visuels : créer des visuels parlants (du simple tableau au schéma complexe) n'est pas donné au premier venu.

En conséquence, une présentation qui se voulait multimodale (faisant appel à plusieurs sens cognitifs pour mieux percevoir, mieux comprendre, mieux apprendre) se transforme en une parodie de feuilleton télévisé sans rythme et sans accroche.

Bien souvent je conseillerai bien à ces présentateurs d'abandonner le powerpoint et, au lieu de passer du temps à créer une présentation linéaire, de le passer à réfléchir au "comment intéresser mon auditoire" !

 

Au-delà de cette réflexion, il me semble que pour chaque outil informatique la même question doit être posée, afin d'en arriver à trouver des réponses aux questions suivantes : quel objectif veux-je atteindre ? Quel outil utiliser ? A quoi l'outil me sert-il ? Comment puis-je m'en servir ?

Evidemment, le drame est la difficulté de répondre à ces questions lorsqu'on est non averti... On touche à la fois à la connaissance des outils informatiques et aux compétences transversales de communication orale et visuelle. Plusieurs outils existent qui nous le permettent ; il faudra y revenir un jour...