Faux miroir, dis-moi qui est la plus "belle"

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Les médias font de plus en plus appel à l'image pour passer leurs messages, qu'ils soient informatifs ou publicitaires. Je m'inquiète souvent du mélange des genres qui conduit, par exemple, des reportages d'information réalisés par des professionnels du journalisme devenus professionnels d'un média à se muer en montages formatés à l'extrême au travers desquels le sens n'est plus mis en avant.

L'image est reine dans les médias contemporains. Pourtant, à n'y pas réfléchir longtemps, on ne peut pas la considérer comme le média qui fait passer le plus de sens objectifs. Il n'est pas difficile de comprendre que l'image, au contraire, fait passer des idées, des concepts, des émotions non formalisées.

Il serait illusoire et contre-productif de diaboliser l'image qui est le premier en date des médias, et dont l'importance est directement liées aux images intérieures qu'on se fait depuis la plus jeune enfance, à nos représentations. De plus, ces représentations intérieures sont nécessaires à la pensée puisque toute idée formulée dans nos petites têtes passe d'abord par l'imagerie intérieure.

L'image est liée à l'idée. C'est indéniable.

Et c'est aussi la raison pour laquelle elle est tant utilisée dans la pub, le commerce, la mode, etc. Elle permet de faire passer des idées en douce, sans appui nécessaire de la réflexion.

Alors lorsque des initiatives du genre withoutfx apparaissent, j'applaudis des deux mains et des pieds. Ce site dénonce, par l'image, les méthodes de retouche des visages et des corps dans les magazines. Histoire de rappeler, pour l'avoir bien en tête, qu'avant d'utiliser des outils numériques à des fins commerciales et médiatiques, il serait bon de comprendre que la multiplication d'images refaites et donc fictives, mais se faisant passer pour la réalité, amène un changement de nos représentations dans nos têtes et dans celles de nos enfants.