Industrie Charlie

22
06
19

Ce n'est pas souvent que je m'en prends aux médias en posant ma focale sur une partie pourtant essentielle de la chose : la Culture. Mais il me semble que le texte et son contexte que je présente ici mérite le détour. Un détour qui devrait nous amener à nous questionner sur un système qui produit et diffuse ce que l'on pourrait naïvement appeler "des merdes". Mais ce serait mal penser ou ne penser qu'avec ses émotions et donc tomber lamentablement dans le panneau. Ce système produit bien évidemment des produits de piètre qualité, puisque l'autre nom de la Culture est  l'industrie culturelle et que par conséquent son rôle est de produire pour vendre, mais au-travers de ce magma informe de soupes en tous genres elle diffuse des idées et surtout en interdit d'autres.

Allez ! Je ne fais pas plus dans l'introduction, j'en ai trop dit, voici le texte en question :

A qui le dites vous,  A qui le dites vous, A qui le dites vous ?? 
Où est l'amour ? Où est l'amour ? 
On fabrique les rois et les fous Tant de débats, de discours 
Puisque les hommes dirigent le bal Ce souffle au coeur, ce serait pas mal 
De l'entendre, oui ce coeur tendre De l'entendre 
Mais oui, on sait qu'au fond ça va pas fort 
Oui c'est la crise, la crise On se débat jusqu'à la mort 
La bêtise, la bêtise 
Vous autres qui dirigez le monde Pouvez vous prendre quelques secondes 
Pour prononcer le discours de l'amour Annoncer juste 
I love you, love you 
I love you all 
Nul n'est prophète en son pays Oui qu'on soit contre, qu'on soit pour 
Ne faisons pas l'économie de l'amour Oui de l'amour 
C'est le seul lien qui nous unit Autre croyance même pays 
Autrement dit, autrement dit L'autre n'est pas notre ennemi 
Oui 
I love, love you 
I love you all 

Ce texte est celui d'une chanson de Zazie, présente sur son dernier album. A ce que j'ai lu, elle aurait été frappée, la pauvre, par les attentats de Charlie Hebdo. Elle s'est donc sentie obligée, en tant qu'artiste, de traduire son émotion. Comme disait Renaud, "c'est parce que sur [son] dixe, des chansons y'en avait qu'neuf et il [lui] en fallait dix."

Puissant symbole que cette chanson !

Symbole d'une industrie qui produit et diffuse des personnes sans aucun talent sinon celui de posséder un réseau et d'avoir le temps que d'autres n'ont pas pour travailler un sens de l'écriture. Zazie vient de la "Haute", possède un nom à deux particules, proche par sa famille des milieux Cul... Après avoir été mannequin, facile d'avoir le temps de se fabriquer son petit réseau et sa petite technique lorsqu'on a pas le soucis de travailler pour manger.

Symbole d'une industrie qui possède toute la chaîne, décide qui, quoi, quand, où et comment. Fabrique des usines à sonorités, enrobe des chansons de pseudo-artistes à deux balles, monopolise les ondes et les vends en supermarché.

Symbole d'une industrie capitaliste qui, comme le capitalisme lui-même, exploite tout ce qui peut faire de l'argent à commencer par la récupération de l'actualité. Elle ne peut être que Charlie et quiconque ne le sera pas ne sera pas produit. Heureusement pour Zazie, elle semble l'être.

Je ne commente pas ce texte, je crois qu'il parle de lui même : une ado de 15 ans aurait pu l'écrire, il n'a pas de structure sémentique, c'est un crachat de pseudo-émotion. J'appelle ça une merde. Peut-être la musique qui l'accompagne met-elle la larme à l'oeil, même si j'en doute, mais je ne vois pas l'intérêt d'insulter mes oreilles en tentant le diable.

A une époque, Zazie a déclaré que la chanson ultime serait une chanson sans mots, parce que les mots ne veulent rien dire, on peut dire plus sans les mots. Je crois qu'elle devrait réellement essayer une bonne fois pour toute de ne plus utiliser de mots, parce que les siens, en effet, ne veulent pas dire grand chose...