Non-penseurs, bourgeois, imbéciles

30
09
19

Je le répète souvent sur ces pages, je n'ai plus la télé. Je m'affole ainsi de constater le vide abyssal de ce média et de ses tout petits soldats, tout autant que son danger, par de courts extraits ou des lectures. Parmi ces dernières, "Ma vie au poste" sur telerama me fait autant rire que souffler de fatigue. Durant tout le week-end, j'ai vu passer des tweets et lu des titres de journaux évoquant l'ignominie incarnée, l'inconsistance du propos et l'insolance juvénile de la jeune Great Thunberg, et ce matin j'ai lu avec un peu de retard le "Ma vie au poste" du 25 septembre dernier. Intitulé "Haro sur Greta Thunberg, la démoniaque vestale hitléro-maoïste".

Face aux attaques tout simplement perchées d'éditorialistes et autres journalistes de comptoir, je m'étonnais faussement alors d'avoir mieux compris ce que dit la Greta que cette bande de vendus. Car c'est bien ce dont il s'agit. Des vendus. Vendus au pouvoir, vendus à la pensée dominante, vendus à leur propre mode de vie dont ils sont totalement dépendants tellement qu'il leur devient impossible d'imaginer en sortir. Car ce sont bien des réactions épidermiques, sans doute de peur, qui sont à l'origine de cette vente non forcée.

Et je me souviens que la secrétaire d'Etat et ancienne lobbyiste Brune Poirson s'était félicitée du discours de la Greta à l'Assemblée Nationale, il y a pourtant pas si longtemps. Merci Greta, disait-elle alors en substance, nous (les politiques aux manettes) avons besoin de vous et de votre énergie pour nous aider à réussir. Elle était alors merveilleuse la Greta pour aider les caméras présentes à accompagner les paroles creuses de la Macronie et faire croire encore à ses fans que Macron et sa clique seraient totalement conquis par la cause écolo et ferait tout son possible dans l'action et les réformes. Elle était merveilleuse la Greta, alors même que ce premier discours critiquait tout net et sans se cacher la France et son inaction. Pire, la jeune fille aggravait le cas de ceux qui disent faire et ne font rien. Mais, même si cela visait directement Macron, elle était merveilleuse.

Ce premier discours, comme le second qui pose tant de problème à la Macronie et l'éditocratie libérale, je les ai donc visionnés dans leur intégralité. Et, oh surprise, il n'y a pas de quoi s'énerver comme Yann Barthès par un montage vidéo hallucinant réduisant Greta à une ado survoltée qu'il faudrait ramener à l'école. Il n'y a pas de quoi déchaîner les ministres, les députés et la presse convertie à la Macronie. Greta ne fait que rappeler l'évidence : écoutez la science et faites le taf. Elle y met de la colère, elle veut créer un choc, elle veut sans doute faire bouger encore plus de jeunes pour se faire entendre. Mais il n'y a pas substance à dire et écrire toutes les conneries lues et entendues depuis quelques jours par Macron lui-même, Brune Poirson (qui mériterait ici une permutation de deux lettres de son prénom) et les navrants éditocrates. Ces derniers d'ailleurs, si j'en crois "Ma vie au poste" ont surfé sur des mensonges, des omissions du discours de Greta et des propos tout simplement dignes d'ivrognes de comptoir. Dire ainsi qu'il n'y a pas de concensus scientifique relève de la supercherie, certainement pas du journalisme.

Bref, Eteignons cette foutu télé, coupons la radio, abonnons-nous à une presse libre, et pensons à ce que nous pouvons faire pour changer radicalement notre mode de vie sans attendre que ces non-penseurs bourgeois imbéciles trouvent des solutions qui n'en seront pas.