Arrêter de cautionner l'indéfendable

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A l’approche de ces élections présidentielles 2017, il est maintenant acté que nous vivons les pires élections de la Vème République. Je veux dire par là que jamais ceux qui disent devoir nous représenter n’ont à ce point culminé dans le mensonge, la fourberie et les hautes sphères des réseaux de la finance et des médias. Je veux dire par là que ces élections, quand bien même le système électoral le permit, n’ont rien d’un enjeu démocratique. Jamais nous n’avons autant été pressé de choisir le « meilleur » parmi les pires.

Je m’accorde donc ici le droit de donner mon sentiment sur ce choix qu’il nous est demandé de faire. Mais, afin que mon propos ait du sens, je dois bien en premier lieu qualifier ma pensée, à la fois à propos de notre système de démocratie représentative, à propos de notre système électoral et à propos de mon positionnement politique. C’est alors seulement que je m’aventurerai dans l’explication sommaire de mon observation du champ de bataille.

Avant propos : de la gouvernance

Imaginons un instant que la France soit un bateau en partance d’un endroit pour un autre afin que les passagers trouvent un meilleur avenir dans un ailleurs. Il faut choisir une destination. Où aller, pourquoi ? Ce choix est celui de la direction. Plusieurs systèmes permettent de le faire. Démocratie, aristocratie, plutocratie, dictature, etc. Dans notre cas, nous faisons le choix d’élire des représentants qui feront ce choix. Nous les élisons sur parole, ils pourront changer leur choix.

Vient ensuite la façon de s’y rendre, c’est la gouvernance. Quel chemin prendre ? Quels vents ? Eviter les tempêtes, etc. Dans notre cas, ce sont les mêmes élus qui tiennent la barre. Ils choisissent donc seuls de la direction, de la gouvernance, mais aussi de l’affectation des postes, des changements de cap sans repasser par les passagers. Ils peuvent même contraindre les passagers à des conditions de vie pour les prétextes qu’eux-mêmes auront choisis. Ils décident de tout.

Nous pourrions imaginer un tout autre système. Choisir nous-même la direction. Prendre le temps de la réflexion, décider de la façon dont nous déciderons, écouter tout le monde, choisir les arguments porteurs, enlever les arguments de classe (qui ne servent qu’une classe), etc. Une fois la décision de la direction, il est temps alors de désigner des Directeurs. Des personnes chargées d’obéir et de décider de la façon dont nous naviguerons, avec consignes bien entendu. Des instructions claires aux élus : « nous décidons d’aller là, et nous voulons y arriver tous et en vie. » Le rôle des élus est alors de répondre à cela.

C’est un choix.

A propos de notre démocratie

Notre système politique est une démocratie dite représentative. Cela signifie que nous élisons ceux qui dirigeront le pays. Je vais tenter de rendre concise une réflexion qui mériterait à elle-seule de s’y arrêter plus longuement : la première chose à faire, pour qui s’est un peu intéressé à notre Histoire, la vraie, pas celle des livres scolaires, est de revenir sur l’origine de notre système. La Révolution Française ne nous a pas donné la démocratie, ne nous a pas donné le droit de vote et n’a jamais été l’expression du peuple français désirant mettre fin aux privilèges de l’Ancien Régime. Jamais personne n’est mort pour que nous puissions voter aujourd’hui, personne ne s’est battu contre le Roi pour cela. C’est une fable. La Révolution Française est le fait d’une classe bourgeoise qui a renversé le pouvoir afin d’instaurer en premier lieu le droit de propriété lucrative. La Révolution est avant tout libérale afin de faire entrer la France dans un système capitaliste dans lequel, par le droit de propriété, des bourgeois pouvaient dès-lors posséder des moyens de productions et subordonner des employés qui, alors salariés, leur permettaient surtout par leur force de travail de faire fructifier un capital, un « investissement ». Pour s’en convaincre, il faut s’intéresser à Marx. Pour se mettre la puce à l’oreille, il suffit de relire Zola : le XIXème siècle, qui suit immédiatement la Révolution Française, n’est-il pas le siècle qui a progressivement asservi les paysans dans des usines après les avoir chassés de leurs terres ? C’est le siècle de la pauvreté par excellence et par certains côtés les libéraux rêvent d’y revenir.

A aucun moment, sinon pour en critiquer la substance, les Révolutionnaires n’ont parlé de démocratie. Dans leur bouche, la démocratie était ce système qui aurait permis au peuple de décider à leur place, ce peuple incapable selon eux de savoir ce qui était bien pour lui. Dans son livre « Démocratie, histoire d’un mot aux Etats-Unis et en France », Francis Depuis-Deri revient longuement sur les quelques décennies durant lesquelles le mot démocratie a commencé à changer de sens. D’un mot honni par la classe dirigeante, confortablement installée à l’Assemblée Nationale grâce au vote censitaire (seuls ceux aptes à payer le cens, à peu près deux mois de salaire pouvaient voter) qui leur permettait d’être élus par leurs pairs et donc d’installer un système fait pour eux, le mot démocratie a doucement glissé vers un mot qui permettait aux dirigeants de faire croire au peuple qu’il était en démocratie. Une manœuvre subtile mais efficace, renforcée depuis par la même classe dirigeante dont l’intérêt est un intérêt de classe.

Nous ne sommes pas en démocratie. Nous sommes dans un système dit représentatif qui n’a jamais eu pour objectif de représenter quelqu’autre classe que la classe dirigeante, représentante des propriétaires des moyens de production et de la finance.

A propos de notre système électoral

Pour n’en rester qu’à l’élection présidentielle, notre système électoral est avant tout un système qui favorise les partis politiques. Il nous est répété à longueur d’année que cette élection est un rendez-vous « entre les français et un homme » (hmm, assez peu disent « ou une femme »), mais c’est évidemment de l’enrobage, de la communication pour ne pas dire de la publicité. Un candidat ne peut que très difficilement, et surtout depuis le renforcement récent voulu par Hollande, devenir candidat officiel et encore moins Président : il lui faut pour cela passer au-travers de multiples pièges à élimination des « petits candidats ». Les parrainages (aux mains des « grands » partis politiques), les médias (sous l’influence des mêmes « grands »), les différences phénoménales et fondamentales de budget, etc.

Un Président doit ensuite être appuyé par une Assemblée Nationale susceptible de voter les lois voulues par son Gouvernement. Problème : les candidats à la députation seront soumis aux mêmes problèmes d’écartement et du poids trop grand des « grands » partis. Dès l’élection présidentielle, s’installe donc une coutume, celle de la distinction « candidats sérieux » et « candidats pas sérieux » et la fameuse soi-disant nécessité du vote utile. Dois-je réellement vous rappeler quelques votes utiles passés ? Chirac, Hollande… Dans les deux cas, une grande réussite, n’est-ce pas ?

Je ne reviens pas sur le poids des médias et de la fabrique des « sondages d’opinion ». Une supercherie, mais qui fonctionne. Je ne reviens pas non plus sur la façon dont les mécaniques audiovisuelles (télé et radio) agissent, notamment par la découpe séquentielle du discours en petites phrases, en slogans. Il faut lire Bourdieu pour comprendre comment cette mécanique tue le dialogue, ou Lordon pour comprendre pourquoi le débat tel qu’il est installé dans ces lieux ne permet jamais aux citoyens que nous sommes de nous faire une vraie opinion mais nous enferment au contraire dans de la caricature ou l’acceptation du sophisme.

Il existe tout de même un biais dont il faudrait enfin parler à propos de cette élection à deux tours. Le biais est l’obligation de choisir, même si aucun des candidats ne nous convient. D’une part, par la non reconnaissance du vote blanc, il nous est interdit de ne pas choisir. D’autre part, par ce système à deux tours nous sommes sommés d’éliminer un ou plusieurs candidats dont certaines idées nous conviennent. D’autres systèmes électoraux, plus justes et plus intelligents que le nôtre, existent. Du vote majoritaire, bien plus démocratique, à la séparation des « projets » de ceux qui les mettrons en place. Mais le nôtre, le pire qui soit, n’est jamais remis en question. L’évidence saute aux yeux lorsqu’il s’agit alors de se demander pourquoi cette absence de remise en question : il permet la bipolarisation de la vie politique, c’est-à-dire l’alternance entre les deux seuls « grands » partis. Ces gens-là ont été, sont et seront toujours au pouvoir, en alternance, tant que ce système électoral sera en place.

J’ajoute à cela que le mandat impératif, c’est-à-dire l’obligation pour un Président de faire ce qu’il a dit qu’il ferait s’il est élu, est interdit par notre Constitution. Notre propre Constitution nous abandonne, pauvres citoyens, électeurs trahis, en permettant le mensonge du genre « mon ennemi c’est la finance ».

De plus, et à plus forte raison face aux slogans politico-publicitaires assénés à coup de programmes télévisuels sans consistance, comment accepter un tel système quand le peuple n’est pas éduqué ? Pour penser notre société, il faut autre chose que les slogans qui nous sont proposés. Les élections nous entraînent dans ce tourbillon médiatique qui empêche toute réflexion. L’absence totale d’éducation populaire, qui est de l’éducation politique, l’absence totale d’envie de réellement instruire le peuple au-delà de sa condition de classe, et l’absence d’envie de sortir de la société capitaliste qui influe sur les pulsions et la compétition ne nous permettent pas de penser la société.

Ainsi, l’élection met à égalité un électeur qui pense et vote en conséquence et un électeur moutonné qui vote parce que Macron est charmant et plaît aux femmes… C’est un peu pauvre comme système dit démocratique. Dans le vote, l’argument ne pèse pas. Dans le vote, toutes les idées se valent. Or, toutes les idées ne se valent pas, c’est toute la difficulté de la démocratie, c’est tout ce sur quoi il faudrait se poser : comment faire la part, ensemble, dans les idées ?
Quoi qu’il en soit, le problème majeur que pose l’élection est l’inculture politique des citoyens réduits à rester incultes pour se contenter de choisir des partis dont les représentants ne sont pas plus responsables que le reste de la population mais le paraissent juste. Tout cela n’est pas très sérieux …

Comment je me positionne

Tout d’abord, j’ai arrêté de voter. Je ne crois plus en notre système et je pense que continuer de voter signifie cautionner à la fois notre impossibilité à décider et le Président élu et sa politique. Nous ne sommes pas en démocratie et le choix qui nous est donné est de choisir « nos maîtres ». Je choisis donc de ne plus choisir mes maîtres puisque quoi qu’il arrive ils se désintéressent de nous, seul notre vote compte pour eux.

Ensuite, sans pour autant me définir comme un « anti », car les extrêmes auxquels de tels qualificatifs peuvent mener ne me conviennent pas, je me définis comme considérant la pensée capitaliste comme étant la principale, et peut-être en fin de tout compte l’unique, cause mécanique des « malheurs » de notre temps. La pensée capitaliste est dévastatrice et il faut lire plus d’un bouquin pour la cerner. Par conséquent, la vision libérale héritée du capitalisme est tout autant un non-sens pour moi.

Dans la catégorisation actuelle, j’accepte donc d’être classé à gauche même si jamais aucun parti de gauche ou d’extrême gauche n’a jamais eu mon plein assentiment.

Les candidats

Je vais tenter maintenant de parler des candidats du point de vue du choix qui nous est demandé. Je ne m’arrête pas sur le fameux « vote utile », arme ultime pour que rien ne change, supercherie médiatique pour renforcer les pouvoirs et notre impuissance. Je préfère considérer si oui ou non voter pour l’un des candidats aurait du sens d’un point de vue du programme et de la personne.

Jean-Lassalle

Sa candidature ne me parle pas. A l’avoir souvent écouté, il me donne l’impression d’une personne « un peu perchée », proclamant qu’il suffit d’imposer la gentillesse et le bon sens pour refaire tourner la machine. Ses déclarations sont trop souvent faites d’imprécisions enrobées de flou. Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner le principe de l’élection qui nous prive d’une vraie participation à ce qui nous est commun. Je passe.

François Asselineau

Ce candidat émerge depuis des années sur internet, notamment grâce à ses conférences plutôt fouillées et intéressantes d’un point de vue historique. Pour autant, la seule chose avec laquelle je suis en accord profond est la sortie de l’Union Européenne et de l’Euro. Je crois en effet que nous n’avons rien à gagner dans cette Europe qui nous vole notre indépendance, éloigne le pouvoir du peuple et nous gangrénise par une administration ultra puissante et des réglementations toujours plus lourdes. De plus, l’Union Européenne nous interdit quelqu’autre choix qu’une politique libérale. Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner le principe de l’élection qui nous prive d’une vraie participation à ce qui nous est commun. La question de sortie de l’Europe et de l’Euro est compliquée à résoudre car, de la même façon qu’ils nous ont été imposé, la question d’en sortir par un vote dans un tel suffrage ne serait pas plus démocratique. Ce serait « les plus nombreux ont raison ». Je passe.

Jacques Cheminade

Je l’avoue, pardon, je ne me suis pas intéressé à ce candidat qui, lorsque je l’ai entendu parler, ne m’a jamais convaincu de quoi que ce soit. Ça arrive. 
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner le principe de l’élection qui nous prive d’une vraie participation à ce qui nous est commun. Je passe.

Nathalie Arthaud

Sa voix est inaudible à côté du NPA, et encore plus inaudible à côté de celle de Mélanchon. Double emploi pour moins pertinent.
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner le principe de l’élection qui nous prive d’une vraie participation à ce qui nous est commun. Je passe.

Nicolas Dupont Aignan

Que dire ce lui ? Dans ses discours, il paraît vouloir être le rassembleur de droite pour faire comme la droite mais en plus propre et en plus nationaliste. Il ne le sera pas car il est à la fois trop proche de Les Républicains et du Front National. Une sorte de Nathalie Arthaud mais à droite.
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner le principe de l’élection qui nous prive d’une vraie participation à ce qui nous est commun. Cette personnalité s’est montrée trop clivant dans ses dernières interventions et je ne lui donnerai pas ma confiance. Je passe.

Marine Le Pen

Autant la glisser maintenant dans la liste pour ne pas prendre le risque de la critique « tu roules pour le FN ». Il est difficile de parler de cette candidate et ce parti, tant les détenteurs du pouvoir et les médias font n’importe quoi de leur critique depuis tant d’années. Evidemment, ce parti est critiquable. Evidemment, le Front National est clivant. Mais je constate simplement que d’autres partis ont laissé le Front National s’imposer comme le « leader » des hors systèmes alors qu’ils ne sont pas hors système et qu’ils ne souhaitent pas changer réellement de système. Le Front National est juste un parti qui dit pouvoir réussir là où les autres ont raté. Des personnalités racistes au FN ? Oui, à n’en pas douter. Mais aussi chez les Républicains et au PS. Doit-on réellement faire le boulot des journalistes en rappelant les propos racistes de députés et ministres de ces deux partis ? 
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens car je n’ai pas confiance en ce parti politique et qu’il reste profondément libéral par d’autres moyens. Je passe.

Philippe Poutou

Qu’il est compliqué de suivre Philippe Poutou. En tant que candidat, il n’est pas bon. Je n’aimais pas Besancenot en tant que membre du NPA, mais je lui reconnaissais et lui reconnais toujours une rigueur dans l’expression et l’argumentation qui en faisaient un candidat crédible. Une fois cela dit, je ne suis pas d’accord avec le NPA. Ce parti parle de la Révolution comme un moyen possible. Le drame réside dans le fait que l’histoire leur donnera peut-être raison un jour… D’un point de vue « lutte des classes », je suis plus proche d’eux qu’aucun autre parti. Je suis Marxien à n’en plus douter. Mais j’ai toutefois du mal à concevoir l’Internationale pour une issue possible. L’idée étant ici que les prolétaires doivent se lever, tous ensemble, partout sur la planète. Ca n’arrivera pas. Donc quoi ? Attendre ? Forcer partout en même temps ? C’est vain. Le capitalisme a gagné et nous entraînera tous dans sa chute car la seule issue pour le capitalisme, c’est sa décadence. Il faut lire « le nouvel esprit du capitalisme » pour comprendre pourquoi.
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner le principe de l’élection qui nous prive d’une vraie participation à ce qui nous est commun. Je passe.

Benoît Hamon

Soyons clair : Valls vous ment lorsqu’il prétend que Hamon a été le premier à jouer la trahison. Rappelons tout de même que Hollande a trahi la gauche tout entière dans sa politique tout entière. Certes, il n’était pas contestable avant les élections qu’il le ferait une fois élu, mais acceptons de jouer le jeu du Président élu qui s’est fait élire sur un programme de gauche : Hollande a trahi. Hamon et ses frondeurs étaient donc en fait des rebelles dans un parti traître, et Valls et les hollandistes sont ainsi des doubles traitres en refusant de jouer le jeu de leur propre primaire. Benoît Hamon est à sa place et son parti le trahit. Cela étant dit, son programme est pour moi un des plus solides. Au moins, Hamon dit des choses. Sa vision du travail, je la partage et je peux argumenter longuement sur le sujet et contrer toutes les argumentations de la droite et des socialistes. La raison est simple : j’ai lu et réfléchi sur le sujet et ne me contente pas de sophisme à la Valls, Macron ou Fillon. Un tel sujet ne peut pas, surtout après Marx, se contenter de leurs slogans.
Du point de vue de l’écologie, je suis également assez proche de son programme, notamment pour ce qu’il s’agit du nucléaire. Je considère que Hamon et Mélanchon tiennent sur le sujet des propos responsables quand les autres « grands » sont parfaitement irresponsables dans la continuité des politiques actuelles.
Mais le problème de Hamon, c’est son parti. Impossible pour moi de continuer de faire confiance aux socialistes. Ce parti est constitué de trop nombreux socio-traitres égoïstes et fermé aux jeunes générations. J’entends par là qu’ils tournent pour le maintien du niveau de vie de la leur et le reste ne les intéresse pas.
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens sinon celui de cautionner les grands partis, qu’il faudra pourtant bien un jour définitivement sanctionner. Impossible pour moi d’imaginer l’éventualité de cautionner le Parti Socialiste. Je passe.

Jean-Luc Mélanchon

Je ne partage pas sa vision de la croissance. Mélanchon croit qu’elle peut revenir, je crois que c’est un leurre. Rien de ce que j’ai lu m’invite à penser que la croissance est souhaitable et reviendra. Elle n’est pas souhaitable et ne reviendra pas. C’est mon principal désaccord avec lui, mais suffisamment fort pour ne pas lui accorder ma confiance. 
Sa vision du changement de système est sans doute juste, mais je ne crois pas en la possibilité de le faire tel qu’il le propose. Il lui manque la notion du déjà-là qui nécessite plus de temps pour imposer ou réfléchir une nouvelle société. Il manque à son programme l’éducation politique, l’éducation populaire. 
Pour moi, ce serait le vote qui aurait le plus de sens, mais je serais très ennuyé car ce serait un vote par défaut avec trop de désaccords. Je passe.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est une imposture. De deux choses l’une : soit il a compris que Hollande voulait détruire le Parti Socialiste (la demande ayant été faite à Cambadélis qui n’a pas trouvé le courage. Lire « un Président, ça ne devrait pas dire ça ») et créer un parti moins à gauche (à droite, en fait) qu’il aurait appelé le parti du progrès ; dans ce cas, Macron a devancé Hollande et Valls (relisez ce que Valls a dit pendant et après la primaire pour vous en convaincre) et leur a coupé l’herbe sous le pied. Soit il a compris que le Parti Socialiste ne sortirait pas vivant cette fois de sa primaire. Dans tous les cas, il récupérait les « progressistes » du PS. C’est ce que nous voyons aujourd’hui. Une autre possibilité serait une construction machiavélique de Hollande et Macron pour contourner leur échec durant le quinquennat. Mais c’est de la pure politique fiction car aucun indice ou preuve n’existe à ce jour.
Quoi qu’il en soit, Macron est un arriviste de droite ayant fréquenté le PS. Il est libéral, très libéral, très proche en fait d’un Fillon sur bien des points. Macron est également une absence de pensée politique à lui tout seul. 
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens car Macron marche pour la finance et les libéraux, pour le maintien dans le système européen capitaliste. Il dit juste que nous ne sommes pas allés assez loin. Mensonge et duperie en haut de l’ « élite ». Voter Macron, ce serait voter pour faire entrer la France dans la misère, et pour longtemps. Je passe.

François Fillon

Je vais droit au but : Fillon est à lui-seul le symbole de la supercherie qu’est le parti Les Républicains, capables de s’unir derrière une candidature impossible. Il est le symbole d’une classe politique qui roule pour elle-même. Je n’ai aucune confiance en ce type, l’actualité ne parle pas pour lui. J’observe qu’il ment en permanence, qu’il est hautain, qu’il méprise les gens et qu’il souhaite encore plus de libéralisme parce que le problème c’est les gens, trop fainéants.
Il représente à lui tout seul la honte de notre système qui s’abat sans pitié sur les dérives des petits quand le problème majeur vient des dérives du capital et de la classe politique.
Pour moi, ce vote n’aurait aucun sens tellement ce serait faire entrer la France dans la misère, et pour longtemps. Je passe.

Conclusion

Ces élections puent. De partout. D’une part, elles montrent que le système est arrivé au bout, il s’essouffle et ne nous permet plus de trouver une issue aux problèmes du pays. Le jeu des partis, l’impossible dialogue de plusieurs France qui ne se retrouvent plus elles-mêmes dans leur candidat traditionnel, l’abject irréalisme des médias, tout cela met à mal cette pseudo démocratie dans laquelle peu de gens se retrouvent. Rien que le comportement des jeunes générations devrait faire réfléchir : les partis et les candidats ne parviennent pas à convaincre tellement ils ne répondent pas aux problématiques de l’époque. Du fait, les jeunes votent majoritairement de deux façons : ils ne votent pas ou votent FN.

D’autre part, comment le peuple peut-il s’y retrouver dans ces élections après qu’aucune des précédentes ne les ait écoutés depuis les années 70 (au moins). Que résument-elles ? Mensonges, tromperies, guerres de classes, domination stérile de deux partis. Aujourd’hui encore, dans ces élections puantes de 2017 : trahisons de partis, mensonges de candidats, affaires judiciaires, peu de distance avec l’argent, soif de pouvoir, etc. Ces élections ne parlent pas de nous sauf pour nous assommer d’une faute qui est la leur : avoir endetté la France au point de devoir expier par le sacrifice.

Il est grand temps que le sacrifice soit leur. Arrêtons de cautionner. Laissons le prochain président être élu comme un voleur, par peu de votants. Actons notre désaccord de principe, ne votons plus.