La force de l'image

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Un article de Rue89, Les « grossières erreurs » du téléfilm de France 3 sur Henri IV, me donne le prétexte de revenir sur une question qui m'a souvent interpellée. Par vagues, on assiste de temps en temps à un déferlement de films ou téléfilms qui revisitent l'Histoire. C'est ainsi l'occastion pour des spectateurs non avertis de se "cultiver", de cueillir ça et là ce qui sera vite pris pour vérité historique par la seule fenêtre télévisuelle. Seulement, il y a un hic, et de taille : si on peut largement commenter des livres d'historiens, de bibliographes ou de journalistes, parce que l'écriture nécessite l'exactitude des arguments et la prudence du verbe, qu'en est-il vraiment de l'image ? 

Soyons francs ! Ces films, plutôt ludique à vision "éducatrice", c'est toujours ainsi que le Service Public commente la diffusion de ces émissions, sont destinées à des publics qui vont trouver là une occasion unique de recevoir un savoir sans jamais ouvrir un livre, chercher le vrai et le faux, etc. Ce qui sera vu sera considéré comme réalité historique. C'est la force de l'image que de dire sans dire, d'insinuer, de sous-entendre. Mais en terme d'Histoire peut-on vraiment sous-entendre ?

Autant, ça ne me pose aucun problème qu'un film tel "la chute" utilise un événement historique (l'enfermenent d'Hitler dans bunker à la fin de la Guerre) pour poser la question de la responsabilité des proches, et plus largement de tout un chacun dans le fait qu' "on l'ait laissé faire", autant faire passer de fausses idées par le biais de l'artistique ça me chatouille la moustache...

Devons-nous éternellement nous contenter de deux extrêmes : la simplification historique romancée dans les classes de nos écoles, et l'abus des oeuvres filmographiques ?