Les conséquences, c’est toujours pour les mêmes…

27
07
18

L’affaire Benalla, n’en déplaise au Président et sa clique de supporters, est bien une affaire d’Etat : énormément de mensonges, de passe-droits, de choses qui se passent « là-haut » tellement loin de ce qui se passe « en bas ». Cette affaire révèle qu’il y a bien deux mondes, deux façons de vivre, de se comporter face à la loi.

Cette affaire est un révélateur majeur pour qui ne le savait pas déjà : nous ne sommes pas en démocratie. Nous en sommes très loin. Cette affaire nous révèle que l’Etat est un outil du pouvoir avant d’être l’organisateur d’une démocratie. Il est l’outil Républicain qui nous permettait de croire en la synonymie République / démocratie. Mais il n’en est rien : la République n’est qu’un outil qu’il nous faudrait arrêter de louer par des vivas, car elle est plus l’outil des puissants que celui du peuple. Notre République n’est pas démocratique et la parodie de justice et de clarté que nous montrent le Président, l’Etat et les députés de la majorité ne fait que le confirmer.

L’Etat régule l’ordre social, c’est son objet premier. Il n’est pas le défenseur du peuple, il est l’outil de sa soumission. Ce que l’Etat veut, c’est de la discipline sociale et il n’est pas anodin que ce soit lors des manifestations de ce premier mai-là que l’Etat, au-travers d’un proche du Président cogna sur le peuple, couvert de tous ceux qui en eurent l’information. Le symbole est énorme et révèle la psychologie, la philosophie, l’idée directrice qui prévaut là-haut : le peuple ne comprend rien, ne sait rien de ce qui est dans son intérêt ; qu’il se contente de voter pour nous, nous ferons le reste. Un tel discours remonte à la Révolution Française, il était majoritaire et il le reste. Et lorsque le peuple n’est pas d’accord, la violence légitime de l’Etat est le recours de notre République. N’oublions pas que « Notre Dame Des Landes » a été traitée de la même façon par le même Président, par la violence. Car ce Président incarne à la perfection cet Etat qui refuse en bloc tout changement de paradigme.

Cette affaire nous révèle ainsi que rien n’a changé : l’Etat, c’est d’abord la force de l’ordre,  c’est contraindre par la force s’il le faut au maintien du système. Macron se défendra qu’au contraire il change profondément les choses ; si changer les choses, c’est changer pour que rien ne change, alors soit. Macron change tout pour que rien ne change : le libéralisme n’est pas allé assez loin, continuons ainsi et en allant plus loin. Et si le peuple ne le veut pas, il le voudra quand même.

Cette affaire nous rappelle que rien n’a changé : un Etat qui impose l’idée de ce qui est vrai, de ce qui est beau et de ce qui est juste n’est pas un Etat démocratique. C’est la définition-même d’un Etat dictatisant ; ajoutons-y la violence d’Etat et le musèlement de la liberté d’expression (suivez mon regard vers la loi anti fake news) et vous l’avez : le bon vieil Etat totalitaire. L’Etat nous disait déjà, par ses ministères et les mélanges de genre à sa tête, ce qui était beau et ce qui était juste. L’Etat, et de façon constante et amplifiée avec Macron, nous dit maintenant ce qui est vrai : c’est le cas dans cette affaire ; inversion des rôles et des responsabilités, mensonges à tous les étages, critiques de la presse, etc. Jacques a dit, passez votre chemin. Nous ne sommes pas en démocratie et le serons encore moins sous Macron.

Je l’ai écrit dans mes précédents articles sur la question, et cette affaire me le confirme encore : nous avons bien de la perversion à la tête de l’Etat. Toute l’affaire et tout le traitement de Benalla par l’Etat nous le dit.

L’Etat est le garant de la discipline sociale. Les éléments installés de cette discipline sont l’usage de la force légalisée, l’argent (et l’installation de la dette permanente) et le travail (pour maintenir chacun à un fort niveau de dépendance dans ce système). Ne nous trompons pas, cet Etat-là a besoin de riches et de pauvres pour maintenir son système de castes, de classes sociales. Les uns ont le droit à des lois répressives, régulatrices de cet ordre, les autres ont le droit de s’en défaire. La perversion installée à l’Elysée joue pleinement son rôle dans cette histoire : lorsque Macron parle de responsabilité, il faut comprendre ce mot par le prisme de la perversion. La responsabilisation des pauvres, sa responsabilité dans l’affaire Benalla, chacun comprendra qu’il y a deux poids deux mesures, un usage des mots sans un sens unique et partagé. Lorsque Macron parle d’assumer, il sait parfaitement que ce n’est pas le cas car assumer signifie également accepter les conséquences.

Mais les conséquences dans ce pays non démocratique, c’est toujours pour les mêmes…