Soyez sages... les enfants !

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Macron vient de nous imposer, via une mesure qu'il dit radicale, l'entrée dans une société basée sur son idéologie imbécile : https://www.youtube.com/watch?v=OCHZ0qUK9K0. Il souhaite mettre fin à l'instruction en famille (l'IEF, aussi communément appelée "école à la maison") dès la rentrée 2021.

Pour imposer cette mesure, il se cache derrière "le séparatisme islamique". Cette notion elle-même serait à interroger, et l'est d'ailleurs, étant remise en cause tant dans son appellation tant que dans sa réalité. Ainsi, Macron prive d'une liberté fondamentale chaque parent sous couvert d'un risque imprécis et discuté qui ne concerne qu'une minorité de personnes.

Avec ma compagne, nous avons fait le choix de l'instruction en famille il y a longtemps. Depuis maintenant près de 18 ans, nous avons découvert des réalités très diverses : des choix familiaux, comme le nôtre, très loin de dérives sectaires (totalement à l'inverse, même), des enfants aux difficultés scolaires (pour faire bref ; les dys, etc.) ou aux troubles particuliers (phobies, etc.) auxquelles l'école est incapable de répondre, un monde associatif varié constitué autour de ces réalités en constante discussion avec les gouvernements successifs. Discussion que Macron semble rompre de façon définitive et sans concession.
Il est proprement dégueulasse et dangereux de balayer ces réalités d'un revers de main sous un prétexte aussi idéologique. Cela ne peut pas être l'acte d'un cerveau complexe, mais bien d'un idéologue autoritaire, imbécile et pour le moins héritier d'une société bourgeoise et libérale, décidée à en finir avec ce que la Révolution française avait apporté à la France : non pas la liberté, l'égalité et la fraternité, ces mythes honorables qui nous servent d'illusion, mais bien la propriété et la libre entreprise instaurant une société de classes basée sur la richesse et non la noblesse, et l'érection des valeurs bourgeoises comme seul cadre idéologique et comportemental.

Je ne vais pas aller par quatre chemins. Cette mesure macronienne est une dérive républicaine, comme la République dans sa triste histoire en recense par dizaines. Elle est autoritaire car sans concertation et sortie de la tête d'un seul homme, dont il est autorisé, après trois années de présidence autoritaire, à émettre plus qu'un doute quant aux réelles valeurs humanistes. Elle est droitière, car uniquement morale. Elle est même extrême-droitière tant elle est empreinte de racisme et de confusionnisme (bien héritière ici aussi de la République historique qui dédaigna et pourchassa toujours anarchistes et communistes). Elle est imbécile, car elle ne tient pas compte des réalités des familles, des enfants et leurs difficultés particulières très variées, ou encore des écoles et de leurs capacités à y répondre. Elle est anticonstitutionnelle, car elle va à l'encontre de la Constitution française, rien que ça !, et des textes européens qui, tous, accordent aux parents le strict droit au choix de l'instruction de leurs enfants.

Après le SNU qui promet de remettre au pas les jeunes, comme si l'on pouvait d'une part en faire une catégorie sociologique, et comme si d'autre part il était entendable de la rendre responsable des maux de notre société, Macron s'en prend maintenant à la liberté des parents réfractaires, qu'il convient donc aussi de mettre au même pas, cadencé, républicain, moralisateur.

Observons un moment l'état de notre République. Elle n'est plus (même si elle n'a jamais vraiment été) démocratique. Elle est aristocratique, ce qu'elle n'a jamais cessé d'être depuis les débuts de la Révolution de 1789. Elle a maté par la violence tous les mouvements qui s'opposaient à elle depuis les révoltes bretonnes et vendéennes jusqu'aux gilets jaunes. Elle est toujours héritière de la société hiérarchique mise en place par Bonaparte sous l'Empire, basée sur la richesse et la notoriété. Sous Macron, la République redevient autoritaire, de plus en plus libérale et très fortement bourgeoise. Elle n'est plus un système de gestion des dissensus par la démocratie, mais bien l'imposition de valeurs morales bourgeoises et libérales par la force. La force de la loi d'une part, des lois qui échappent totalement aux choix du peuple. La force policière ensuite si cela ne suffit pas. Nous sommes donc bien entrés dans un système autoritaire bourgeois bureaucratique et policier.

Il est venu le temps de la désobéissance civile si nous ne voulons pas voir disparaître le peu de libertés qu'il nous reste. Sans cette désobéissance, que nombre d'intellectuels appellent déjà de leurs vœux depuis quelques mois, la société dans laquelle Macron nous enferme est celle de boîtes desquelles nous ne sortirons plus : écoles obligatoires, orientations imposées, "travail" obligatoire, pour finir en Ehpad…
Une bien triste société que voilà, qui s'installe pour mater toutes les oppositions à l'ordre libéral ; celui-là même qu'il faudra bien faire disparaître pour que nos enfants aient encore une chance de vivre une vie digne dans un environnement vivable (au sens premier du terme, comme au second) ; celui-là même qui a besoin de contrôler par la force les institutions de l'école et du travail pour perdurer dans les têtes.

Désobéissons, là où nous sommes.